Soie chinoise
Les tapis chinois de soie sont noués en soie pure et se distinguent par leurs motifs caractéristiques, dragons, médaillons, symboles bouddhiques.
- Région
- Chine
- Catégorie
- Tapis de soie
- Fabrication
- Noué main
- Densité de nœuds
- 300 000 – 900 000 nœuds/m²
Fiche technique
- Fabrication
- Noué main
- Origine
- Chine — provinces séricicoles
- Matière du velours
- Soie sur soie ou coton
- Densité de nœuds
- 300 000 – 900 000 nœuds/m²
- Caractéristiques
- Soie pure, dragons et médaillons, symboles bouddhiques




Photo : Morgenland Tapis
Les tapis chinois en soie sont des tapis en soie noués à la main en Chine, dont le langage visuel se distingue nettement de la tradition persane. Au lieu de rinceaux floraux et de palmettes, ils présentent des dragons, des bandes de nuages, des fleurs de lotus et des symboles bouddhistes, souvent sur un fond clair et calme. Caractéristiques également : des contours sculptés qui font ressortir les motifs en relief. Cet article explique l'origine, les motifs, la matière, la technique de nouage, la valeur et les indices d'authenticité d'un tapis chinois en soie et le distingue du travail en soie persan.
Qu'est-ce qu'un tapis chinois en soie ?
Un tapis chinois en soie est un tapis noué à la main en Chine, dont le velours est en soie de mûrier. La chaîne et la trame sont, selon la qualité, également en soie ou en coton. Le nouage se fait majoritairement avec le nœud asymétrique, appelé en terminologie professionnelle nœud persan ou ouvert, également désigné nœud senneh. Malgré cette parenté avec la technique de nouage persane, le tapis chinois en soie reste une tradition autonome. Ses motifs proviennent du monde artistique et symbolique chinois, non du canon persan.
Le terme ne désigne pas un atelier unique, mais l'ensemble de la production chinoise en soie, de la marchandise d'exportation solide au chef-d'œuvre finement travaillé. Le tapis en soie se distingue du tapis chinois en laine par l'éclat de la fibre, le velours court et un dessin plus fin. Comparée au tapis Qom soie persan, la densité de nœuds des pièces chinoises se situe le plus souvent plus bas ; en revanche, les motifs sont nettement marqués par la Chine.
Origine
La Chine a une longue histoire du nouage de tapis, même si les témoignages écrits et conservés sont plus récents qu'en Perse. Les premiers tapis noués sont attribués à la région du Xinjiang au nord-ouest et à l'espace chinois septentrional. Sous la dynastie Ming (1368 à 1644) et surtout sous la dynastie Qing (1644 à 1911) sont apparus des tapis représentatifs pour temples, palais et foyers fortunés. Les tapis chinois classiques en laine de ces époques, par exemple de la région de Ningxia, ont marqué le monde décoratif transposé plus tard en soie.
Les tapis en soie au sens actuel sont surtout un phénomène du XXe siècle. Les centres de production importants se trouvent dans les provinces du Henan et du Hebei ainsi que dans la région de Tianjin et de Pékin. Pendant la Révolution culturelle (1966 à 1976), la production traditionnelle s'est largement interrompue. À partir des années 1980, une industrie tournée vers l'exportation s'est développée, qui noue de fins tapis en pure soie pour le marché mondial. Toute cette tradition appartient à la grande famille des tapis chinois et se tient de manière autonome à côté des origines persanes.
Motifs et couleurs
L'univers décoratif du tapis chinois en soie est son indice de reconnaissance le plus net. On rencontre fréquemment :
- Dragons comme ancien symbole du pouvoir impérial et de la protection, souvent représentés avec une perle.
- Phénix et chiens-Fo (lions gardiens des temples) comme autres motifs de protection et de bonheur.
- Fleurs de lotus et pivoines comme symboles de pureté et de prospérité.
- Bandes de nuages et méandres qui rythment les surfaces.
- Symboles bouddhistes et taoïstes de chance, par exemple les huit trésors ou le caractère Shou pour une longue vie.
De nombreuses pièces organisent ces motifs autour d'un médaillon central, encadré d'une bordure plutôt sobre et large. Caractéristique : la répartition retenue, souvent asymétrique, avec beaucoup de fond calme, qui se distingue du dessin dense en couvert des tapis persans. La palette va du bleu profond, rouge et or des pièces classiques aux tons crème clairs, ivoire, rose tendre et nuances pastel de la marchandise d'exportation moderne. L'éclat de la soie fait paraître chaque couleur plus claire ou plus sombre selon l'angle.
Matières et technique de nouage
Les tapis chinois en soie sont noués en soie de mûrier. Pour les tapis en pure soie, velours, chaîne et trame sont en soie ; dans la qualité plus courante, un velours de soie repose sur une chaîne de coton. La fibre est appréciée pour son éclat, sa résistance à la traction et sa finesse, et se laisse filer si fin que de nombreux nœuds tiennent dans un espace réduit. Les bases sur la production et les propriétés sont décrites dans l'article sur la soie ; la différence avec la laine est traitée dans la vue d'ensemble des matières.
Le nouage se fait majoritairement avec le nœud asymétrique (nœud persan ou ouvert), plus rarement avec le nœud symétrique turc. Le nœud asymétrique n'enveloppe complètement qu'un seul des deux fils de chaîne et autorise une répartition plus dense ainsi que des lignes plus souples. La vue d'ensemble des types de nœuds explique leurs effets ; l'article sur la fabrication des tapis décrit l'ensemble du déroulement, de la mise en tension de la chaîne à la tonte.
Une particularité chinoise est le carving : le long des contours des motifs, le velours est incisé en biseau, de sorte que les motifs semblent se détacher en relief du fond. Ces contours sculptés ne se trouvent pas sur les tapis persans en soie. Le velours est par ailleurs tondu court, pour que le dessin ressorte avec netteté.
Densité de nœuds et qualité
Les tapis chinois en soie atteignent des valeurs fines, mais le plus souvent pas les valeurs extrêmes des pièces persanes haut de gamme. Les qualités courantes se situent autour de 300 000 à 600 000 nœuds par mètre carré, les pièces très fines atteignent 900 000 et plus. Dans le commerce, la finesse des tapis chinois en soie est souvent indiquée en lines, par exemple 90, 120 ou 150 lines, ce qui correspond au nombre de nœuds par unité de longueur et se convertit en nœuds par mètre carré. L'article dédié explique ce que signifie en détail la densité de nœuds et pourquoi elle n'est pas un label de qualité unique.
La densité ne décide pas seule de la qualité. Sont tout aussi importants la pureté et l'éclat de la soie, la propreté du dessin, l'harmonie des couleurs et la régularité du nouage sur toute la surface. Une pièce de densité moyenne proprement travaillée vaut mieux qu'un tapis plus dense mais aux couleurs ternes.
| Variante | Matière | Densité de nœuds typique | Classement |
|---|---|---|---|
| Chine soie | pure soie ou soie sur coton | env. 300 000 à 900 000 / m² | motifs chinois, contours sculptés |
| Qom soie | pure soie (Iran) | env. 400 000 à plus de 1 000 000 / m² | segment persan le plus fin |
| Hereke soie | pure soie (Turquie) | jusqu'à plus de 1 000 000 / m² | segment turc haut de gamme |
| Cachemire soie | soie ou soie artificielle (Inde) | très variable | motifs d'inspiration persane d'Inde |
| Tapis chinois en laine | laine sur coton | env. 120 000 à 360 000 / m² | plus grossier, plus robuste, nettement plus abordable |
Que vaut un tapis chinois en soie ?
La valeur d'un tapis chinois en soie dépend de la taille, de la densité, de la qualité de la soie, de la netteté du motif, de l'âge, de l'état de conservation et de la finesse d'exécution. Les fins tapis en pure soie se situent sensiblement au-dessus des tapis chinois en laine, mais demeurent en moyenne sous les prix les plus élevés des pièces persanes les plus fines comme le tapis Qom soie. Les tapis chinois antiques, surtout les pièces bien conservées de l'époque Qing ou de la région de Ningxia, sont en revanche fortement négociés par les collectionneurs et suivent une logique de prix propre.
En raison de l'étendue entre marchandise d'exportation et pièce de collection, et compte tenu des nombreuses imitations, un classement soigneux avant l'achat est utile. Pour s'orienter : la vue d'ensemble Que vaut mon tapis ? et l'article Reconnaître les tapis persans de valeur, qui explique la logique d'évaluation de manière générale. Le guide d'achat propose des conseils pratiques de sélection.
Comment reconnaître un véritable tapis chinois en soie ?
La question la plus importante est de savoir s'il s'agit de véritable soie naturelle nouée à la main. Le risque de confusion concerne surtout la soie artificielle de viscose, fréquemment proposée comme soie de bambou ou coton mercerisé, et les imitations mécaniques. Indices typiques d'une pièce authentique :
- Envers noué à la main : Le motif est nettement reconnaissable en miroir, les nœuds individuels forment une trame fine, légèrement irrégulière.
- Franges authentiques : En pure soie, les franges sont le prolongement des fils de chaîne en soie, non cousues après coup.
- Brillance changeante : La soie naturelle change de clarté selon l'angle, la soie artificielle brille souvent plus uniformément et plus froidement.
- Toucher chaud et sec : La soie naturelle est chaude au toucher, la soie artificielle souvent plus fraîche et plus lisse.
- Contours sculptés : Le carving chinois le long des motifs est un bon indice d'un travail artisanal venu de Chine.
- Monde décoratif chinois : Dragons, bandes de nuages, lotus et symboles bouddhistes renvoient clairement à la tradition chinoise.
L'article Reconnaître la soie décrit une méthode fiable pour distinguer soie naturelle et soie artificielle, test de combustion inclus. Une vérification générale pas à pas est proposée dans Mon tapis est-il authentique ?, les caractéristiques d'authenticité des pièces nouées à la main sont résumées dans Reconnaître le noué main. Pour des montants importants, une expertise professionnelle est recommandée.
Entretien
Les tapis en soie sont plus délicats que les tapis en laine et exigent plus de soin. Aspirer uniquement avec précaution dans le sens du velours, sans brosse rotative et sans forte aspiration. Une exposition durable au soleil direct fait pâlir les couleurs et est à éviter. Les meubles lourds laissent des marques d'enfoncement sur le velours court.
Pour les taches et l'humidité, recourir à des mains expertes. Les essais personnels à l'eau ou aux détergents peuvent réduire durablement l'éclat et laisser des auréoles. En cas de dommage, un nettoyage soie spécialisé est la voie sûre. Plus de détails dans la vue d'ensemble sur l'entretien.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui distingue un tapis chinois en soie d'un tapis persan en soie ?
Tous deux sont le plus souvent travaillés avec le nœud asymétrique, mais le langage visuel les sépare nettement. Le tapis chinois en soie présente dragons, bandes de nuages, lotus et symboles bouddhistes, souvent sur fond calme et avec contours sculptés. Les tapis persans en soie comme le tapis Qom soie montrent rinceaux floraux et médaillons et atteignent en moyenne une densité plus élevée.
Quels symboles porte un tapis chinois en soie ?
Fréquents : dragons comme signe du pouvoir, phénix et chiens-Fo comme motifs de protection, lotus et pivoines comme symboles de pureté et de prospérité, ainsi que bandes de nuages et symboles bouddhistes de chance comme le caractère Shou pour une longue vie. Ce monde décoratif renvoie clairement à la tradition chinoise.
Comment reconnaître la véritable soie naturelle dans un tapis chinois ?
La soie naturelle chatoie dans la lumière, est chaude et sèche au toucher et brûle avec une odeur de cheveux brûlés en laissant une cendre friable, tandis que la soie artificielle paraît plus fraîche, brille plus uniformément et sent le papier en brûlant. En pure soie, les franges sont également en soie. La méthode sûre avec test de combustion est décrite dans Reconnaître la soie.
Qu'est-ce que le carving sur les tapis chinois en soie ?
Le carving désigne l'incision en biseau du velours le long des contours des motifs. Les motifs se détachent ainsi en relief du fond et paraissent plastiques. Cette technique est typiquement chinoise et n'apparaît pas sur les tapis persans en soie.
Combien coûte un tapis chinois en soie ?
Le prix dépend de la taille, de la densité, de la qualité de la soie, de l'âge et de l'état. Les fins tapis en pure soie se situent sensiblement au-dessus des tapis chinois en laine, mais en moyenne sous les pièces persanes en soie les plus chères. Les tapis chinois antiques de l'époque Qing suivent une logique propre de collectionneurs. Pour situer, voir Que vaut mon tapis ? et le guide d'achat.
Comment entretenir correctement un tapis chinois en soie ?
Avec précaution et sans expérimenter. Aspirer uniquement doucement dans le sens du velours, ne pas utiliser de brosse rotative, protéger d'une exposition durable au soleil et ne pas appliquer soi-même d'humidité ni de détergent. Taches et nettoyage en profondeur reviennent à un service spécialisé en tapis en soie.
Un tapis chinois en soie est-il un bon placement ?
Les tapis chinois de qualité et particulièrement antiques peuvent être stables en valeur, surtout les pièces rares à origine renommée. La marchandise moderne d'exportation se comporte en revanche comme un produit commercial courant. La valeur naît de l'âge, de l'état, de la rareté, de la finesse et de la matière. Pour une évaluation réaliste, une expertise professionnelle et un coup d'œil à Que vaut mon tapis ? sont utiles.
Impressions de la région d'origine
Lieux, paysages et points de repère autour du foyer des tapis Soie chinoise. Cliquez sur une image pour l'agrandir.
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