Noués grossièrement, à long velours et aux motifs abstraits, les Gabbeh sont les classiques modernes du tapis d'Orient.
Photo : Morgenland Tapis
Un Gabbeh est un tapis épaissement noué et à velours haut, originaire du Fars, dans le sud-ouest iranien, traditionnellement produit par les Qashqai et les tribus Lor. Le mot persan gabbeh signifie brut ou laissé naturel, et décrit exactement l'esthétique : motifs simples, souvent abstraits, couleurs naturelles franches et velours long et souple. À la différence des tapis urbains finement dessinés d'Ispahan ou de Nain, le Gabbeh suit un langage formel épuré, presque moderne.
Les Gabbeh sont nés du besoin pratique des nomades en tapis de couchage et d'assise chauds et solides pour leurs tentes. Les noueuses travaillaient sans modèle, plaçaient spontanément un animal, un arbre ou un champ isolé, et laissaient beaucoup de surface ouverte. Cette page explique la différence entre Gabbeh et son apparenté Loribaft, les principales variantes, le nouage grossier, le prix d'un Gabbeh et ce qui compte à l'achat.
Gabbeh et Loribaft proviennent de la même région et des mêmes tribus, mais se distinguent par la finesse et le velours. Le Gabbeh classique est noué grossièrement, avec un velours long et épais et des motifs abstraits de grande surface. Le Loribaft (littéralement « tissé par les Lor ») en est la version plus fine : noué plus dense, à velours plus court, à motifs plus nets et plus détaillés. On peut voir le Loribaft comme la variante affinée d'atelier du Gabbeh.
Dans le négoce, le terme Gabbeh est réservé au type grossier et à velours épais, Loribaft à l'exécution plus fine, à densité de nœuds plus élevée. Les deux appartiennent à la famille des tapis nomades et partagent matière, couleurs naturelles et conduite libre du motif. Qui veut voir les deux côte à côte trouvera la ligne plus fine sous Loribaft.
Un Gabbeh est un tapis tribal persan noué main, à velours épais et haut, au nouage grossier, à motifs simples, souvent abstraits, en couleurs naturelles franches. Il est produit en pure laine vierge des troupeaux propres et ne suit aucun modèle ; il naît de la volonté plastique de la noueuse. Chaque véritable Gabbeh est donc une pièce unique, libre et reconnaissable entre toutes.
Les Gabbeh se rangent selon la finesse de nouage, la tribu et la mise en forme. Le tableau suivant montre les principales variantes.
| Variante | Connu pour | Caractéristiques typiques |
|---|---|---|
| Gabbeh classique | production tribale des Qashqai | velours long, grands champs de couleur, motifs animaliers isolés |
| Loribaft | production Lor plus fine | velours plus court, densité plus élevée, motifs plus nets |
| Fine Gabbeh | production d'atelier | nouage plus fin, transitions de couleur douces |
| Lori-Gabbeh | tribus Lor | champs monochromes ou bichromes, surfaces calmes |
| Gabbeh de Shiraz | marché collecteur de Shiraz | couleurs vives, grilles de losanges, figures animales |
| Gabbeh aux couleurs naturelles | laine non teinte | tons des couleurs naturelles de la laine, du beige au brun |
Le Gabbeh Qashqai classique est le type le plus originel, le Loribaft et le Fine Gabbeh les formes d'atelier plus fines. Les Gabbeh aux couleurs naturelles renoncent entièrement aux teintures et exploitent les différents tons naturels de la laine. Tous les styles répertoriés figurent dans la vue d'ensemble des styles.
Le Gabbeh est un terme jeune pour une chose ancienne. Les femmes des tribus du Fars, dans le sud-ouest iranien, nouaient depuis des générations d'épais tapis de laine simples pour leur propre usage. Ils ont longtemps été considérés comme une production utilitaire de peu de valeur et sont à peine entrés dans le négoce. Ce n'est qu'au cours des années 1980 que marchands et collectionneurs ont découvert la beauté archaïque de ces pièces et les ont introduites comme catégorie propre sur le marché occidental.
La tradition est portée surtout par les Qashqai turcophones et les tribus Lor des environs de Shiraz. Avec la demande croissante sont apparues en outre des productions d'atelier qui livrent, sous des noms comme Loribaft et Fine Gabbeh, des qualités plus fines sans abandonner l'esthétique caractéristique. La culture tribale est traitée dans Tapis nomades et Origines de l'art du nouage.
Un Gabbeh est presque entièrement en laine vierge : velours, chaîne et trame proviennent des troupeaux propres. La laine des hauts plateaux passe pour particulièrement grasse et brillante, ce qui donne au velours sa souplesse. La teinture est traditionnellement végétale et minérale : garance pour le rouge, indigo pour le bleu, écorces de grenade et gaude pour le jaune, dont la reconnaissance est traitée dans Reconnaître les couleurs naturelles.
Le nouage est grossier, avec environ 40 000 à 160 000 nœuds par mètre carré, nettement moins que les tapis urbains fins. Cette densité réduite permet à la noueuse de travailler librement et spontanément, et donne le velours haut et dense. Une fois noué, le tapis est tondu, lavé et soumis souvent à un traitement qui harmonise les couleurs. La section Fabrication explique le déroulé, la page Nouer la technique, l'article La densité de nœuds expliquée le sens de la densité.
Un véritable Gabbeh présente plusieurs caractéristiques nettes :
Le guide complet figure dans Reconnaître un tapis d'Orient et Mon tapis est-il authentique ?. La différence de teinture est expliquée dans Couleurs naturelles contre couleurs chimiques.
Le prix d'un Gabbeh dépend de la taille, de la qualité de la laine, de la finesse du nouage et de la pureté des couleurs naturelles. Les Gabbeh tribaux grossiers restent abordables, les qualités Loribaft plus fines et les grands formats coûtent nettement plus. Les couleurs naturelles franches et la laine des hauts plateaux haut de gamme tirent le prix vers le haut, parce qu'elles améliorent la patine et la durabilité. La page Pourquoi les vrais tapis sont chers explique pourquoi le travail manuel justifie son prix.
Avant l'achat, un coup d'œil au Guide d'achat et la comparaison directe Gabbeh contre Ziegler sont utiles si l'on cherche un tapis aplani et calme. Qui hésite entre styles utilise le Comparatif des styles. Veillez à une tonte régulière du velours et à une laine franche, grasse et brillante.
Les Gabbeh sont robustes et faciles d'entretien. Une aspiration régulière dans le sens du velours, brosse rotative débrayée, suffit au quotidien. Le velours haut dissimule la saleté ; il faut néanmoins éliminer rapidement miettes et sable, qui se fixent au pied des nœuds. Tamponnez immédiatement les taches à l'eau claire, ne frottez jamais. Un nettoyage professionnel tous les trois à cinq ans préserve la substance, les produits agressifs attaquent les couleurs naturelles. Les routines complètes figurent dans la vue d'ensemble entretien.
Un Gabbeh est un tapis tribal persan, noué grossièrement et à velours haut, originaire du Fars dans le sud-ouest iranien, produit par les Qashqai et les Lor. Il montre des motifs simples, souvent abstraits, en couleurs naturelles franches, et est en pure laine vierge. Chaque véritable pièce est une pièce unique libre, sans modèle.
Les deux proviennent de la même région et des mêmes tribus. Le Gabbeh est noué grossièrement, à velours long et épais et à motifs abstraits de grande surface. Le Loribaft en est la variante plus fine : noué plus dense, à velours plus court, à motifs plus nets et plus détaillés.
Le prix dépend de la taille, de la qualité de la laine, de la finesse du nouage et des couleurs naturelles. Les Gabbeh tribaux grossiers restent relativement abordables, les qualités Loribaft plus fines et les grands formats coûtent nettement plus. Les couleurs naturelles franches et la laine des hauts plateaux haut de gamme augmentent la valeur.
Les véritables Gabbeh ont un velours haut et épais, un nouage grossier aux nœuds bien visibles au verso, et des motifs libres et abstraits. Des couleurs naturelles franches avec changement naturel de teinte (Abrash) et une laine pure filée main confirment l'authenticité.
Le Gabbeh vient de la province du Fars, dans le sud-ouest iranien, et est traditionnellement noué par les tribus Qashqai et Lor autour de Shiraz. Il n'est entré comme catégorie de négoce propre sur le marché occidental que dans les années 1980, alors que la tradition de nouage est beaucoup plus ancienne.
Les Gabbeh en pure laine vierge à couleurs naturelles passent pour adaptés aux personnes allergiques, la laine repoussant la poussière et régulant l'humidité. Une aspiration régulière est importante, pour éviter que la poussière ne s'accumule dans le velours haut. En cas d'allergie aux acariens, un nettoyage professionnel occasionnel aide en plus.
Une aspiration régulière dans le sens du velours, brosse rotative débrayée, suffit. Tamponnez immédiatement les taches à l'eau claire, sans frotter. Un nettoyage professionnel tous les trois à cinq ans préserve la substance ; il faut éviter les détergents agressifs, qui attaquent les couleurs naturelles.