Noué main
De la matière première à l'œuvre achevée, chaque tapis d'Orient noué main passe par un processus de production minutieux qui peut prendre des mois, voire des années.
#Quels matériaux entrent dans un tapis noué main ?
La laine, le coton et la soie sont les trois matières premières d'un tapis noué main. La laine de mouton constitue le velours le plus courant, selon la région on utilise la laine kork, la laine de Ghazni ou la laine mérinos. Le coton sert pour la chaîne et la trame, car il est stable dimensionnellement et résistant à la déchirure. La soie donne aux tapis fins leur lustre caractéristique et permet des densités de nouage très élevées, comme pour les tapis d'Ispahan ou de Qom. La qualité des matières premières détermine en grande partie le toucher, la durabilité et la valeur future d'un tapis.
#D'où vient le dessin d'un tapis d'Orient ?
Le dessin vient d'un carton en atelier urbain, ou de la mémoire du noueur chez les nomades. Sur ce carton, un patron papier au millimètre, chaque nœud est représenté comme une cellule colorée. En Iran, cette notation s'appelle Talim. Les noueurs nomades transmettent des motifs traditionnels de génération en génération. Les dessins vont de formes strictement géométriques (typiques des tapis nomades) à des arabesques fluides et des rinceaux floraux (typiques des manufactures urbaines).
#Comment noue-t-on un tapis à la main ?
Dans le nouage main, chaque fil de velours est passé autour de deux fils de chaîne et coupé au couteau. Les deux types de nœuds principaux sont le nœud Ghiordes symétrique (turc) et le nœud Senneh asymétrique (persan). Le nœud persan permet des motifs plus fins et des densités de nouage plus élevées. Selon le système de nouage et la densité, un noueur réalise 5 000 à 12 000 nœuds par jour, un Ispahan fin avec un million de nœuds au mètre carré peut demander, selon la taille, d'une à plusieurs années de travail. La densité de nouage est l'un des principaux indicateurs de qualité, exprimée en nœuds par mètre carré.
#Que se passe-t-il après le nouage ?
Une fois noué, le tapis est détaché du métier et passe par plusieurs étapes de finition. La tonte égalise le velours et fait ressortir le motif. Le tapis est ensuite lavé, pour retirer poussières et excédent de teinture et donner au velours son éclat soyeux. Après séchage et tension, les franges et les bords sont consolidés. Pour certains styles, comme les Ziegler ou les tapis vintage, un lavage supplémentaire avec des solutions spéciales produit la teinte feutrée caractéristique.
Continuer la lecture
Comment sont fabriqués les tapis d'Orient
Comment la laine, la soie et les teintures naturelles deviennent une œuvre nouée à la main, expliqué étape par étape.
LireMatériaux des tapis d'Orient
Laine, soie, coton, jute et fibres synthétiques. Ce qui distingue chacune, à quoi elle convient et le rendu au toucher.
LireReconnaître un tapis d'Orient
Les indices clés pour distinguer un véritable tapis d'Orient noué main des imitations.
Lire
#Comment les tapis d'Orient sont-ils teints ?
Traditionnellement, les tapis d'Orient sont teints avec des colorants végétaux : la garance fournit des rouges chauds, l'indigo le bleu classique, et la gaude (réséda) un jaune lumineux. Les colorants naturels réagissent différemment sur la laine et la soie, créant des dégradés vivants appelés abrash. Depuis le XIXᵉ siècle, on utilise aussi des colorants synthétiques pour une teinte plus uniforme. Les tapis de qualité utilisent souvent des colorants au chrome, particulièrement résistants à la lumière et au lavage.